Aller-retour en banlieue : sortez, qu’ils disaient

La Tour Eiffel un jour de brouillardParis, malgré son temps pourri, est une ville plutôt sympa.

Quels que soient nos goûts, il y a toujours moyen de trouver quelque chose à faire, même au dernier moment, même quand on est fauché, même quand on est tout seul.

Autre point très positif de cette ville, son réseau de transport qui vous emmène d’un point A à un point B, et ce, à toute heure du jour et de la nuit. Du moins, quand on habite intra-muros ou sur une ligne de métro. Mais bizarrement, des irréductibles s’obstinent à habiter au-delà du périph’.
Qui sont-ils, quels sont leurs réseaux ? Comment font-ils ?

Vous tombez bien, je suis là pour en parler, puisque ces irréductibles, j’en fais partie.

Contrairement à la légende, nous ne passons pas notre temps à nous repaître de chips en regardant confessions intimes vautrés dans des joggings informes achetés à Carrefour, trois pour le prix de deux. Nous n’habitons pas non plus des zones de non-droit désertées par les pouvoirs publics et tombées sous le contrôle des cartels et des mafias des pays de l’Est. Détrompez-vous. Nous sommes tout à fait alphabétisés, civilisés et parfois même cultivés. Sachez aussi qu’habiter en banlieue n’est pas forcément une malédiction, cela peut-être un choix délibéré. Apprenez aussi qu’il y a banlieue proche, et banlieue moins proche, mais que dans tous les cas, parfois, l’envie nous prend de profiter de ce qu’on peut trouver à Paris.

Seulement, au-delà de la sacro-sainte limite Périphérique, toute tentative de sortie tardive se doit d’être sagement étudiée. Alors, on apprend la patience, l’organisation et parfois la débrouillardise.
Voici quelques idées testées et approuvées.

Première étape, arrêtez de croire tout ce que vous entendez sur les discours sur l’insécurité dans les transports. Je suis une femme, je me déplace souvent seule, soirées comprises, j’habite en zone 3, il y a des dealers à 100m de ma porte, et pourtant, il ne m’est encore jamais rien arrivé. Même dans le bus de nuit qui trimballe son lot d’alcooliques et de types louches. Même dans le dernier train qui, paradoxalement, est l’un des plus sûrs de toute la « journée ». Sortir le soir, on peut le faire.

Deuxième étape, éviter le mode touriste. Comprenez : rencardez-vous avant de partir sur les horaires des derniers métros / trains / bus susceptibles de vous ramener chez vous. Voir le dernier RER partir sous son nez ou attendre le Noctilien suivant une heure dans le froid, ça peut s’éviter et sauver une fin de soirée.

Troisième étape, gardez en tête qu’ici, même les gens sans permis peuvent être indépendants. Ceux qui ont séjourné dans des coins trop peu peuplés pour être dotés d’un réseau de transports savent de quoi je parle. Ici, même sans voiture, on peut sortir le soir et rentrer par ses propres moyens même si ça prend deux heures.

Quatrième étape, ne confondez pas taxi et réseau Transilien. Le taxi, il vient quand vous l’appelez, il vous dépose à l’adresse précise que vous lui indiquez, mais ça vous coûte un rein au passage majore un peu la soirée. Les RER, les bus et les métros ne sont pas toujours hyper ponctuels, mais ils vous laissent de quoi manger à la fin du mois.

Cinquième étape, arrêtez de râler au moindre imprévu, même si c’est un sport national. En tant que banlieusarde aguerrie, je ne peux pas m’empêcher de prendre systématiquement la défense de la RATP ou de la SNCF. Le service n’est pas parfait, il y a parfois de sacrés couacs, mais essayez d’imaginer cinq minutes à quoi ressemblerait l’Île de France sans ses transports en communs. Ça fait un peu réfléchir… Et rappelez-vous que la patience rend beaucoup plus supportables les situations les plus pénibles.

Sixième étape, appelez des amis à vous ou ouvrez un agenda culturel et trouvez-vous une activité pour ce week-end !

Ou sinon, restez chez vous parce que de toute façon, votre appartement est plus grand que celui des intra-muros et certainement mieux chauffé.

(PS : J’avoue que parfois, les blagues du RER me laissent un peu pantoise tellement les situations semblent absurdes, mais après coup, ça fait des trucs à raconter, vous verrez.)

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